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Le législateur américain tente d’étendre la protection des données aux adolescents

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En 2018, l’Union européenne a mis en œuvre le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) qui a considérablement modifié la manière dont les entreprises, tant nationales qu’étrangères, pouvaient utiliser les données des citoyens sans leur autorisation. La protection des données devait être une préoccupation primordiale et toute personne demandant que ses données ne soient pas utilisées pour autre chose que les tâches nécessaires au fonctionnement d’une entreprise avait le droit de l’exiger des entreprises. Les responsables du traitement des données doivent désormais clairement indiquer toute collecte, au lieu de la dissimuler en petits caractères sur une page de conditions en bas de page du site web, et des amendes et des sanctions importantes sont imposées à toute entreprise qui enfreindrait ces règles.

Une telle loi n’existe pas encore aux États-Unis, mais en Floride, la représentante Kathy Castor tente d’obtenir que les restrictions actuelles sur les données en ligne soient étendues aux enfants de moins de 18 ans. 

Plus important encore, cette loi interdirait les publicités qui ciblent individuellement des enfants en fonction de leurs données de recherche et d’autres facteurs. Ces dernières années, les géants du web comme Facebook et Google ont été sous le feu des projecteurs concernant les informations qu’elles recueillent auprès des utilisateurs, ce qu’elles en font, combien de temps elles les conservent et à qui elles les vendent.

La loi actuelle ne protège que les enfants de moins de 13 ans. Castor veut l’étendre aux enfants âgés de 13 à 17 ans. Pour les moins de 18 ans, il sera obligatoire d’avoir un accord explicite d’un parent pour activer le suivi par un logiciel publicitaire, contrairement à ce qui se passe actuellement, où le comportement par défaut est le suivi, pour tous les services. La Federal Trade Commission pourrait imposer une amende maximale de près de 64 000 dollars à toute entreprise qui ne respecterait pas ce mandat. Des sociétés comme TikTok, Snapchat et Instagram seraient obligées de réécrire une partie de leur code pour se conformer à la réglementation.

La charge ne peut toutefois pas peser uniquement sur les annonceurs et les fournisseurs de services. Les parents doivent surveiller les activités en ligne de leurs enfants, du moins jusqu’à ce que ceux-ci se mettent à payer eux-mêmes leurs appareils leur accès internet. Le meilleur moyen pour cela est d’utiliser un logiciel de suivi , qui peut être installé sur n’importe quel appareil et qui envoie des rapports sur le compte d’un parent.

Ce type de logiciel est très souple et peut bloquer d’emblée les contenus ou les sites web inappropriés, filtrer les recherches et bloquer l’accès aux sites que les enfants ne sont pas autorisés à visiter. La plupart de ces programmes utilisent un système de classement pour déterminer ce qui est approprié pour les différents âges des enfants, un peu comme les grilles de catégories des films et des émissions de télévision.

Les parents peuvent ajuster ces paramètres pour correspondre à l’âge et au niveau de maturité de l’enfant en question. D’autres programmes ont ajouté des fonctionnalités, telles que la possibilité de faire des copies de toutes les discussions qu’un enfant pourrait avoir en ligne, ou encore envoyer des copies de toute photo que l’enfant envoie ou reçoit lors d’une session.

Cela permet de s’assurer que les enfants n’ont que des conversations saines, et uniquement avec des personnes qu’ils connaissent, et qu’ils ne sont pas manipulés par des prédateurs en ligne qui pourraient leur extorquer des informations : identité, adresse ou numéro de téléphone. De même, cela permet de vérifier qu’ils n’envoient ou ne reçoivent pas de messages inappropriés ou de contenus qu’ils sont trop jeunes pour voir.